Tokyo Sex Destruction
"L’essentiel est de prendre notre pied"
Fort d’un quatrième album pimenté, les Barcelonais de Tokyo Sex Destruction sont passés par le Bataclan le 10 novembre dernier. Histoire d’avoir un petit éclairage sur ce groupe aux racines outrageusement rock, musiQualité a décidé d’aller taper la causette. Rencontre Avec RR Sinclair, chanteur du groupe.
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Tokyo Sex Destruction
: « La soul est un mouvement musical dans lequel le sexe a une grande place, en plus d’être un style que nous aimons. C’est l’expression du contact avec les autres. »
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Robert Gil |
Tokyo Sex Destruction est un nom qui en dit long. Qu’est-ce qu’il signifie pour vous ?
RR : Pas grand chose en réalité. C’est un nom sur lequel nous nous sommes arrêtés. En même temps, c’est vrai qu’on fait un peu référence au Japon et à une bonne partie de sa culture musicale rock. Des groupes comme Teen Gene ou Gasoline sont complètement déjantés et jouent de façon tellement libérée ! Leur approche de la musique est vraiment différente, même si ces mecs adorent toute la culture occidentale. Ils ne se posent pas de questions. Ca joue à fond ! C’est génial ! Et puis la soul, de son côté, dégage une émotion sexuelle. C’est un mouvement musical dans lequel le sexe a une grande place, en plus d’être un style que nous aimons. C’est l’expression du contact avec les autres. Destruction ? Ca doit être notre côté punk.
Comment s’est formé le groupe au départ ? Vous étiez une bande de potes ou est-ce le hasard ?
RR : Oh non, ce n’est pas un hasard. Nous sommes tous du même coin. Une petite ville à 40 km au sud de Barcelone. Nous faisions parti du même groupe de potes et fréquentions le même lycée. On écoutait tous la même musique. Les anciennes générations de groupes nous ont largement influencés évidemment. Je crois qu’on devait avoir 12 ou 13 ans quand on a commencé à jouer. A force de fréquenter tous les jeunes du coin, plusieurs groupes se formaient et chacun allait jouer dans l’un puis dans l’autre. Du coup, chacun enrichissait différemment ses connaissances, ce qui donnait pas mal de choses sympas et diverses.
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Tokyo Sex Destruction
: « Notre but est d’adhérer à ce que nous aimons faire, que ce soit du punk ou de la bossa nova, tant que tu le joues avec envie et que ça sonne. »
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Quand votre premier album Le red soul communitte est sorti, la presse parlait de vous comme un groupe de garage-rock. Après 5th Avenue South, on parlait plutôt de groupe « rock’n’roll-soul ». Vous êtes déçu d’avoir perdu cette appellation « garage » ?
RR : (rire) Ahh... Encore toutes ces conneries de la presse. C’est vraiment bien particulier aux médias ce genre de truc ! Je ne sais pas si nous jouons parfaitement de nos instruments, mais l’essentiel est de prendre notre pied. Notre but est d’adhérer à ce que nous aimons faire, que ce soit du punk ou de la bossa nova, tant que tu le joues avec envie et que ça sonne. On ne se limite pas à un style particulier. Imagine si nous étions restés exclusivement dans le style garage ? Tu n’évolues plus et on te colle une étiquette sur la tête alors que tellement d’autres choses existent et toutes aussi excitantes. Et c’est vrai qu’avec l’influence de pays comme la Suède ou l’Angleterre, notre point de vue a évolué, oui.
Mais avec Singles, on a tout de même l’impression qu’il s’agit d’une sorte de retour à des choses plus énergiques et agressives, non ?
RR : Oui, mais Singles est quelque chose de particulier. Il regroupe des chansons que nous avions composées auparavant, avec des morceaux spécialement pour le Japon, les US ou l’Allemagne. Ce projet est différent des autres. Nous n’avons pas composé de nouveaux titres pour l’occasion. D’ailleurs, cette idée ne vient pas réellement de nous. On était d’accord pour le faire, simplement.
Old man, Your best friend is dead et What’s the limit of time sont selon moi trois titres très représentatifs de votre musique. Vrai ou faux ?
RR : Et bien oui et non. Vu que Singles regroupe plusieurs titres déjà édités, il ne représente pas un projet de création musical pur et donc je ne sais pas si il reflète vraiment ce que nous sommes. (...) Mais quand je repense à l’époque du Red, nous étions comme au « top » de notre musique. Le premier concert était particulier, mais le second était d’enfer. On avait une pêche monstre. Et pourtant on ne savait pas jouer ! On le faisait avec notre instinct. Du coup le rendu était bon et Bcore Records a décidé de nous signer (...) Et puis chaque groupe a en général le même type de son, ce que je respecte, mais c’est comme ça. Le tout doit être dans l’intention. Il s’est passé peu de temps entre 5th Avenue South et Singles. Il n’y a pas eu de réelle évolution vu qu’il s’est écoulé à peine six mois entre les deux enregistrements. On aurait très bien pu composer de la pop. Pourquoi pas ! Du moment que c’est ce que nous voulions jouer.
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Tokyo Sex Destruction
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« L’idée générale est que dans tous les cas, la musique suinte la bière, l’alcool et la douleur !! »
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Robert Gil |
Pendant une tournée en Amérique du Nord, vous avez enregistré une chanson avec Michael Davis (bassiste du MC5’s) à Los Angeles. Cette chanson est maintenant disponible ou pas ?
RR : Oui !! Black Records Store! C’était en septembre 2004 je crois. Michael Davis avait vraiment accroché sur notre musique. Nous commencions à peine et il voulait déjà produire notre premier album. Mais nous n’avions pas réellement de temps car il fallait se déplacer là-bas. Puis il est venu en Europe après, pour nous voir... Mais oui, on a enregistré un 45 tours avec lui. Dimmak a les droits sur ce titre. On ne sait pas quand il va le sortir. A vrai dire, je crois qu’on s’en fout un peu. En tout cas tu peux toujours l’écouter sur le myspace du groupe.
Quelles étaient tes impressions lors de cet enregistrement ?
RR : C’était assez incroyable. J’avais des paroles, mais incapable d’apporter une ligne mélodique. C’est lui qui est arrivé avec sa basse et presque comme ça, m’a donné ce dont j’avais besoin ! C’est un vrai bon souvenir !!
Y’a une sorte de parallèle qui est fait entre The Hives et vous. Tu en penses quoi ?
RR : Je ne connais même pas ! Je crois que je n’ai jamais réellement écouté. Je préfère essayer de raconter la musique d’un groupe plutôt que de donner des comparatifs. Mais tout ça, c’est un boulot de média que de comparer les groupes entre eux. L’idée générale est que dans tous les cas, la musique suinte la bière, l’alcool et la douleur !!
Qui est le plus punk d’entre vous ?
RR : ...Tout le groupe !
Bon et en ce moment, t’écoutes quoi comme musique ?
RR : The Gossip et Comet Gain.
Crédits photos: Robert Gil (1 & 3), DR (2). 
Propos recueillis par Nicolas Maquestiaux
Aller plus loin (liens) :
Ecouter ici.
Site officiel
Overcome Records
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