Ce Rue Breteuil aurait très bien pu s’appeler Rue de Verneuil, tant l’ombre de l’homme à la tête de chou habite les douze chansons de cet excellent premier album : la voix, le phrasé, l’incursion dub et reggae, la poésie… Passé le mimétisme référencé et pesant, on reste abasourdi devant la puissance mélodique des mots et la musicalité qui se dégage de cette voix hypnotique. Littéraire. Cinématographique. Musical. ToM est tout à la fois ! Le jeune marseillais invente une chanson « melting pot » qui jongle subtilement avec les narrations, les codes, les genres, les origines, les références... C’est parfois drôle, c’est souvent sombre mais c’est toujours d’une fascinante justesse. Avec ses allures d’électro intello, l’album pourrait n’être qu’un objet tendance et branché, il est pourtant tout le contraire. Humble et raffiné, il récite le quotidien avec une classe qui force le respect. Pour s’en convaincre, il suffit de se perdre quelques minutes dans cette boîte à bijoux : l’efficace A guest, l’hôtel particulier du 84 rue Breteuil, l’enivrante Luna ou le clin d’œil amusé à Arthur H, Je veux. Ne passez pas à côté de la Rue Breteuil, vous risqueriez de le regretter…