CD/Disque
Tool "10 000 Days"
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   Toujours aussi remarquable, la musique de Tool s’impose comme une référence dans le monde du rock métal. Pour ce dernier album l’univers musical a encore été étoffé. Chargé de rock progressif, ambiant ou d’effluves heavy metal, ce 10 000 Days prolonge l’histoire de ce groupe un peu à part.
Depuis le phénomène Aenima, le second album paru en 1996, Tool sort un album tous les cinq ans. Les années passent et les fans craignent périodiquement de voir spliter leur groupe de rock metal favori. Mais Tool sait maintenir le suspense. Son public, il l’a conquis depuis longtemps. Ce qui laisse pas mal de temps à la création architecturale des futures progénitures, telles que ce nouveau 10 000 Days. Et le rendu est toujours aussi riche, millimétré et saisissant. L’ouie est sollicitée de toute part. Entre sons étincelants, sourds, bruts, écorchés ou lointains, c’est un véritable univers qui nous est proposé à chaque sortie d’album. D’où de longues réflexions analytiques ou poétiques autour de la musique de ce groupe, considéré comme une référence du genre. Effectivement, chaque opus de Tool doit s’écouter avec attention et cela plusieurs fois, car de nouvelles dimensions surprenantes sont toujours à découvrir.
Ce quatrième album s’annonce tout aussi ambitieux que les précédents. Musicalement, Tool se renouvelle, sans jamais tomber dans l’excessif ou la surenchère. On discerne dès la première écoute la patte de Maynard James Keenan et de ses acolytes. Une guitare à la texture inchangée, semi-étouffée, semi-claquante. Une rythmique batterie qui décidément ne perdra jamais de son énergie. Une basse lourde et assourdissante. Et enfin cette voix mi-humaine mi-animale qui flirte aussi bien avec les aigus qu’avec les graves, tout en étant effrayante de par sa rage.
Parfois, les compositions s’étendent à l’image de celles de Lateralus (troisième album). On pourra citer pour exemple Wings For Marie (PT 1) suivie de 10 000 Days (Wings PT 2) et son ambiance lunaire hypnotique. Les côtés atmosphérique et lointain suivis des traditionnelles montées en puissance sont toujours à l’ordre du jour ; voix céleste en fond de cour évidemment. The Pot propose des traits caractéristiques de ce qu’est originellement la musique de Tool. A savoir une basse électrique qui assène de vrais coups de poing, une guitare lugubre et distordue à faire frémir, une batterie faisant marcher au pas un régiment de soldats et la voix de Keenan limpide et agressive. On oscille donc entre des méandres purement rock metal et des vagues de calme obscure telle que Lost Keys (Blame Hofman), s’enchaînant directement sur onze minutes de rupture cérébrale avec Rosetta Stoned.
Mais la bestialité rock qui a forgé le nom de Tool, bien présente sur leur premier opus Undertow et également sur Aenima n’est plus réellement de mise. Ce côté à vif, un peu indépendant, s’est perdu tendanciellement. Le groupe s’est orienté vers quelque chose de plus métallique qu’à l’accoutumée. Sans forcément déplaire.
Ce groupe formé en 1990 pourrait se voir attribuer de nombreux qualificatifs tels que coléreux, grandiose, suffoquant, céleste, etc. Mais l’ouverture d’oreille à ce phénomène reste le meilleur moyen de se forger un avis. A découvrir si ce n’est pas encore fait.
Ecouter ici.
Nicolas Maquestiaux
Tool « 10 000 Days », Volcano/ Tool Dissectional/Sony BMG, sortie 2006.
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