CD/Disque
Toots and the Maytals "Light your light"
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  Toujours en forme, le vétéran et ses ouailles se font plaisir, et ça passe tout seul.
Si ça continue, dans vingt ans ils vont pouvoir nous refaire le coup du Buena Vista. Petit rappel historico-culte à l'usage des jeunes et moins jeunes : Frederick "Toots" Hibbert est né le 10 décembre 1945 à May Pen, en Jamaïque. Calcul express, ça fait donc 62 piges pour l'un des rares porte-voix du reggae n'étant pas encore disparu, à la ramasse, ou sujet aux excès en tous genres. On peut d'ailleurs s'en rendre compte en le découvrant régulièrement sautiller à travers les festivals de l'Hexagone, ou même dans les concerts plus confidentiels. Peut-on pour autant parler d'une jeunesse éternelle à l'écoute des derniers albums ? Moins sûr, puisqu'une compréhensible tendance au "pilotage automatique" se ressent au fil du temps. Les mélodies sont trop lechées pour être vibrantes, les voix pas assez puissantes pour émouvoir complètement. Ce malgré un avant-dernier album très classe, qui s'appuyait sur des reprises en compagnie d'invités prestigieux (True love).
Et pour ce nouveau disque, sur un nouveau label (Fantasy), Toots a choisi de se faire plaisir avant tout. Encore des reprises, pour des résultats mitigés. Son Pain in my heart, qu'Alan Toussaint et Otis Reddig avaient popularisé en leur temps, est un peu "léger". Penchez plutôt pour sa version de l'hypra-tube de Ray Charles, I got a woman, fruitée et sufisamment personnelle. Enfin, le dernier hommage rendu à Coxsone Dodd (Guns of Navarone) est un poil indigeste. Mais le reste passe bien, avec une préférence tout de même en faveur de trois titres vraiment réussis. L'estival Celia, le spirituel I see the light et surtout, surtout, le très beau Premature, aidé il est vrai par la belle voix de Bonnie Raitt.
Soit au total, un ensemble de douze morceaux assez moyen, mais concocté avec maîtrise et sincerité. Et qui prouve que Toots et ses Maytals sont encore loin de la retraite. Idéal pour ensoleiller une journée morne, ou gigoter du bassin en faisant un gâteau. Ou les deux.
Matteu Maestracci
Fantasy/Universal Jazz
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