On commence par feuilletter le livret et découvrir ces gueules de mauvais garçons qui se la racontent bad-boys paillette. Une manière sans doute d’écraser une nouvelle fois le milieu du hip-hop des radios. D’ajouter du disco dans un univers (trop ?) revendicatif. De railler les tenues brillantes et les stéréotypes. Car si ce troisième disque des gtars de TTC semble plus sage musicalement, il est toujours aussi agressif verbalement. Provoc’ gratuite, créneau marketing ou réelle dérision ? Les paroles renvoient le sexe faible à sa pauvre condition d’antan. Et plutôt que de vanter les ambiances de cités, les trois MC’s de TTC vénèrent les Champs-Élysées, les stars, le fric et les beaux gosses de la capitale. A contre-courant ? Peut-être. Mais malgré l’ironie qui s’échappe de ce hip-hop électronique –je ne peux pas m’empêcher d’être une fille…- on se demande parfois ce qui trotte dans la tête de Tekilatex, Tido Berman, Cuisinier et Dj Orgasmic (1). Toujours est-il que les clichés les plus évidents s’enchaînent magistralement : les meufs, le sexe, l’oseille, la prétention… et les machines à moteur.
La surprise, la claque infligée par leur opus précédent Bâtards sensibles (2005) n’est malheureusement pas transposable à 36 15 TTC. Malgré quelques invités de marque comme Modeselektor -sur le dernier titre du disque-, les gars branchés surfent sur la vague qu’ils avaient si bien installée. Du hip-hop, de la bonne électro, des sonorités recherchées et imprévues. Les p’tits parisiens se sont en effet exilés à Londres pour leur premier album (2002, déjà). Direction Big Dada, « filiale » des inégalables Ninja. Il y avait alors une vraie recherche. Qui semble avoir disparue. Le groupe cultive toujours la variété des ambiances et des styles, de la chanson langoureuse au beat presque agressif. Mais c’est déjà entendu. L’oreille accroche moins. Heureusement, le sourire reste là. La jeune fille bien rangée ne peut s’empêcher de susurrer : « mais comment ont-ils pu ? » Qu’importe, ils font toujours bien bouger la capitale. Ils posent leurs platines régulièrement au Paris Paris, au Tryptique ou au Point Ephémère… mais attention aux décolletés plongeants et aux strings qui dépassent ! Ou préparez une réplique bien acide.
(1) Quelques phrases à destination de la gent féminine. A utiliser avec modération… "Te voilà rassurée et chaude comme un ravioli, viens brûler quelques calories" (Titre 1 - Quand je claque des doigts) "J’aime quand tu m’obéis, saute sur mon obélisque. Fais la comédie, fais-le en haut débit" (Titre 4 – Téléphone) "J’en ai trouvé une plus belle. A côté d’elle, tu as l’air d’une poubelle" (Titre 4 – Téléphone)
Et spécial respect pour celle-là : "Tu frottes ton cul à droite, tu frottes ton cul à gauche. Tu frottes tellement ton cul qu’t’as fait le ménage dans la boîte" (Titre 9 – Frotte ton cul par terre)
En concert:
Le 15 mars à Six-Fours, le 16 à Nice, le 17 à Saint-Jean de Vedas, le 24 à la Cigale à Paris, le 21 avril à l’Elysée Montmartre à Paris, le 6 mai à Bruxelles et le 9 mai à Strasbourg.