Tue-Loup
"vivre et laisser mûrir"
Après trois disques de chansons rock émouvantes, le groupe Tue-Loup change de cap et se diversifie. Plus urbain, plus mûr, Penya, denier opus en date, se teinte de jazz. Et si les paroles sont moins crues, elles restent toujours intenses. Rencontre dans un troquet avec quatre "penyas", des garçons pas très comme il faut en patois sarthois...
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"On avait l’impression d’être au boulot et puis on a vachement progressé au ping-pong". Pour Xavier Plumas et sa bande de Tue-Loup, l’humeur est à la déconnade franche et sympa. Le jour se couche dans le quartier Bastille et, dans le bar, c’est l’heure de l’apéro. Ceci explique cela. On se reprend : "C’est la première fois en quatre albums que nous avons enregistré dans un vrai studio, à l’ancienne, tout en analogique. On a un peu galéré mais c’était bien". Comme d’habitude, les morceaux sont composés avant la session d’enregistrement. Christian, nouveau venu au clavier, s’en souvient : "C’était entre le premier et de le second tour des élections présidentielle, c’est sûr que ça marque".
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Ce qui marque surtout à l’écoute de Penya, c’est évolution musicale au sein de Tue-Loup. Délivré du "carcan" chanson, le groupe s’aère sur des sonorités plus jazzy. Le recours moins systématique à la guitare sèche délivre Tue-Loup des rythmes répétitifs. Le groupe s’appuie désormais sur une solide charpente basse-batterie qui donne à l’ensemble un caractère plus tendu, tout en laissant encore plus de place aux mélodies. La palette sonore s’élargit. "On avait envie de changer un peu", résume Xavier.
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Changement de cap au niveau du texte également. Trop barrés diront certains. Plus poétiques, certainement. "Avec le recul, les anciens textes me semblent trop nombrilistes", avoue Xavier Plumas. Si les sujets abordés restent les mêmes - femmes, désirs, violence…- "C’est la manière de les exprimer qui est différente. C’est moins imagé, moins violent et moins cru". En clair, on s’en prend moins dans la gueule. Plus facile du coup de se promener dans le texte comme dans la musique. On n’en capte pas toujours le sens premier, mais on s’en approprie des bribes. Comme "Toro", cette chanson de cul qui ouvre l’album et qui raconte "comment toi, en tant que mec face à une belle fille, tu peux te sentir transformé et ressentir des pulsions animales." Un direct au cerveau qui passe par la case oreille.
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"Penya" ce n’est que ça. Une émotion brute. Avec les années vient le recul. Tue-Loup vient du rock rural, de ce bled paumé dans la Sarthe et dont ils ont pris le nom. Au cours de ses pérégrinations avec les pényas, ces "pouilleux" aux cheveux gras et à la sale gueule de cul terreux, le groupe s’est enrichi en rencontres. Au détour d’une compilation, il croise la route d’un chanteur créole mort, Alain Peters, et se réapproprie sa magnifique "Rest’la maloya", entêtante, fantomatique et murmurée. Tue-Loup se lie également d’amitié avec le rappeur-slammeur Rom Liteau, qui vient cracher son flow ravageur sur deux titres, l’un très rock, "La main droite du batteur d’Elvis", l’autre , "Aucun signes", diablement jazzy. "Le slam n’est pas connoté socialement comme le rap. C’est plus proche de la poésie chantée. Il n’y a pas de code. Ceux qui le pratiquent sont prêts à le faire sur n’importe quel genre de musique…et Rom a un flow impressionnant" , raconte Xavier Plumas, ravi de l’expérience comme le reste de la bande qui acquiesce. La troupe s’apprête à reprendre la route : de nouvelles salles, des nouvelles personnes à rencontrer et de nouvelles expériences à mener. Changer sans se renier, les Tue-Loup viennent de passer l’examen avec brio. Mais ça, ils s’en foutent. Ils tracent la route à l’affût de nouvelles rencontres… 
Propos recueillis par Eric Nahon
Aller plus loin (liens) :
Le site officiel de Tue-Loup
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