   Le Britannique revient avec un deuxième album solide... mais sans vraies surprises.
L'Anglo-nigérian Ty (à ne pas confondre avec le Sudiste T.I, énième grand espoir éphémère du chewing-gum rap-Rn'b américain) bénéficie d'un succès d'estime mérité depuis ses débuts en 2003 avec l'album Upwards. D'abord parce que les MC’s anglais se comptent sur les doigts d'une main, dans l'ombre de Mike Skinner (The Streets) et du dandy Roots Manuva . Ensuite parce que Ty a su patiemment se bâtir une solide réputation, comme en témoigne son featuring facétieux de l'an passé sur le génial On and on part 2 du collectif nantais Hocus Pocus.
Dès le premier track, Closer va directement à l'essentiel, sans apéritif ni intro prétentieuse, avec le morceau Don't watch that aux sonorités accrocheuses, grâce au racolage d'une guitare électrique et d'une caisse claire très complices. Les onze autres pistes invitent plusieurs pontes du genre, mainstream ou underground, comme De la Soul, Bahamadia ou encore Speech du groupe Arrested Development. Mais ce parterre de grands noms ne suffit hélas pas à faire un grand disque, car plusieurs pistes s'enchaînent mollement sans qu'on les retienne plus que ça. Citons tout de même le joli What you want, sur fond d'orgues apaisants que Jay Dilla n'aurait sans doute pas renié. Ou encore l'instru graisseuse de Oh! Restent les lyrics, qui à elles seules pourraient valoir l'acquisition de la galette, tant Ty est balèze en écriture. Avec force jeux de mots et combinaisons farceuses du style "Every one wants to be the best in the world/I just really wanna have sex with my girl"
Dans son ensemble, ce deuxième opus fait preuve de d'avantage d'ouverture et d'éclectisme dans son habillage qu'Upwards, qui baignait dans une veine mash out rageuse et frappadingue. Closer est un bon album de hip-hop, sérieux, travaillé, mais en rien novateur. Un LP qui aurait aussi bien pu sortir il y a dix ans au regard de ses influences et des choix instrumentaux. Et qui, en conséquence, devient paradoxalement hermétique lorsqu'il tend à plaire au plus grand nombre.
Matteu Maestracci
Big Dada/Pias (octobre 2006)
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- Le label Big Dada
- Myspace/Ty (extraits musicaux) |
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