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| La route du Rock - |
Vendredi 11 août |
Vendredi 11 août "Ecclectisme"
Entre déluges électriques, rock racé et pop jouissive, la Route du Rock a entamé sa 16e édition sans pâtir du mauvais temps qui fait désormais oublier la canicule. Avec Calexico et Mogwai en pointe, cette première journée a soufflé le chaud et le froid en présentant un éventail relativement éclectique.
Décriées l'an passé pour leur rareté, les navettes sont cette fois largement à la hauteur. Et déversent sans accroc les flots de festivaliers. D'autant qu'ils ne sont pas ultra nombreux en ce vendredi d'ouverture de la Route du Rock. Si le site est bien garni, on ne se marche pas vraiment dessus, à l'inverse des deux jours suivants. Comme chaque année, la sélection est assez pointue, et cette première journée manque peut-être d'une tête d'affiche fédératrice. Tant pis pour les absents, qui ont de tout façon toujours tort, car entre Calexico et Mogwai il y avait pourtant du très beau monde.
Lancée entre les gouttes par les incisifs Australiens d'HowlingBells, la soirée oublie rapidement la pluie et s'offre ensuite Why?. Extravertis et réjouissants sur scène, les Californiens et leur pop-folk nourri au hip-hop ne se montrent pourtant pas renversants. Juste derrière, la tribu Islands (voir photo) remporte bien plus de suffrages. Les Canadiens tous de blanc vêtus distillent une pop énergique et festive parsemée de forts accents rock. Le mélange des instruments (des violons à la clarinette en sus d'une formation rock classique), la notion de collectif (sept musiciens) et l'alliance de maîtrise et d'aisance les inscrit intégralement dans cette touche canadienne, de Broken Social Scene à Arcade Fire. Si le résultat manque encore un peu d'épaisseur, les Islands semblent vraiment prometteurs.
Des promesses, Calexico n'en a plus à tenir. Le groupe de Tucson tient parfaitement la scène et enflamme le Fort Saint-Père dans la nuit désormais installée (voir le focus Calexico). Une nuit noire parfaite aux errances électriques raffinées et aux montées explosives de Mogwai. Monstrueux de puissance, les cinq Ecossais nous bousculent autant qu'ils nous font planer. Les maîtres du post-rock prennent aux tripes sur une prestation sobre mais d'une rare densité. Une sobriété vite explosée par les Liars en clôture de ce vendredi. Le trio de Brooklyn ne fait pas dans la dentelle. A la fois rock, punk et expérimental, le combo ravage tout sur son passage. Ce n'est pas toujours forcément percutant mais l'ensemble s'avère plutôt efficace. Ca achève toutefois une assemblée qui ne demande plus son reste pour aller se coucher. Avec en perspective un lendemain bien plus calme à l'horizon.
Crédits photos: Lucie Offredo (1), Laurent Guizard (www.laurentguizard.com) (2 et 3)

Julien Cottineau
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