| Festival Le Rock dans tous ses Etats - |
Vendredi 23 juin |
Vendredi 23 juin "Premières suées"
Ouverte sous le soleil, la 23e édition du Rock dans tous ses Etats a accueilli 10.000 personnes malgré le France-Togo de Coupe du monde ce vendredi. Avec un tempo qui est allé crescendo.
Il est 16 heures sur l’hippodrome d’Evreux et les festivaliers encore peu nombreux s’apprêtent à débuter les deux jours de marathon sonores. Deux scènes qui se font presque face, le Banana Club encore éteint, se préparent à faire danser les fêtards jusqu’au bout de la nuit.
Début en douceur avec le remarqué Donavon Frankenreiter(voir en focus) et son rock folk à la fois épicé et posé. L’herbe blonde et jaunie par le soleil accueille pour ce concert un public séduit par le look décalé de ces quatre musiciens américains tout droit venus de la côte ouest. A Evreux, les concerts s’enchaînent comme un échange sur une table de ping-pong. Bettye LaVette, voix légendaire de la soul a servi les dernières compositions de son nouvel album. Guitare grasse, groove léger à la batterie, ron-ron de basse ont porté avec chaleur mais sans forcer des chansons à l’humeur estivale.
Le rythme s’accélère avec le flow explosif du Ministère des Affaires Populaires. Jump, allers-retours énergiques le long de la scène ont agité la foule. Abrasif et un tantinet corrosif, le style violon et accordéon rappelle bien souvent Java, véritable initiateur d’un rap folklorique. Pour continuer, Marcel et son Orchestre n’a rien apporté de nouveau à leur prestation devenue classique. Un style qui avoue les limites du concept original. Alors il est vrai que c’est rigolo et que les blagues beauf font sourire. Mais bon, on ne peut pas dire que les compositions soient d’une originalité musicale qui retienne l’attention…
Dans un registre tout sauf franchouillard, les Two Gallants pousse les potards à fond et envoie une grosse bonne sauce rock qui secoue les tympans. Le duo guitare-batterie à deux voies s'affranchit de sa simplicité de personnel pour asseoir une efficacité et une puissance remarquable. Nerveux et rentre-dedans. Une mixture propre à lancer dEUS (voir photo). Auteurs d'une prestation dense et remarquée de l'une des meilleures et plus anciennes mais tout sauf vieillissantes formations de la scène belge. Les Razorlight, juste derrière, n'ont eux pas repris le flambeau et ont laissé le public se ravitailler en kebabs et autres délicatesses culinaires juste avant que Cali ne relance la machine. Un Cali efficace et enjoué, mais un ton en-dessous d'un formidable Katerine (voir en focus). Lequel a su conclure les débats de la journée avec une fougue démesurée. Mais sans trop s'attarder. Dommage, on en aurait bien repris un peu.
Crédits photos: Caroline d'Avout (Rock dans tous ses Etats), Marion Ruszniewski (dEUS), droits exclusifs.

Vincent Fertey et Julien Cottineau
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