Le duo belge fait exploser les enceintes avec un cinquième disque particulièrement abouti, qui mêle tubes électro-rock, poèmes musicaux et dérision. Les refrains sont entêtants et c’est tant mieux !
Quel hymne réjouissant, Vive la fête. Lorsque l’on y appose Jour de chance le cocktail devient explosif. Pour les non avertis, Vive la fête, c’est un mauvais garçon passionné par les Harley, Danny Mommens, ex-bassiste de dEUS et une belle poupée blonde : Els Pynoo. Un coup de foudre en 1997 et le projet de s’aimer en musique. Des tournées autour du monde, un défilé pour Chanel –Karl Lagerfeld serait leur plus grand fan- et désormais cinq disques, depuis la naissance du petit dernier : Jour de chance. Un album abouti après deux ans de tournée pour Grand prix, des titres vifs et accrocheurs. Un son plus rock, plus électrique : « Je ne suis pas du tout contre l’électro mais, parfois, je trouve ça trop froid. Aujourd’hui, on voulait apporter un peu plus de chaleur », confie Els Pynoo.
Dès les premières secondes, un riff de guitare donne la tonalité. Ces arpèges agressives à exciter un paresseux introduisent Aventures fictives où la belle blonde révèle avec son doux accent : « Je me trouve en transe, j’ai besoin de tous mes anges »… Paroles et mélodies sans prétention mais efficaces. Une poésie certaine – sans ironie, juré !- émerge des textes de la grande blonde sculpturale. Un personnage se dessine même au fil du disque : Els Pynoo revêt les habits d’une sorte de poupée sucrée, capricieuse… et amoureuse ! Parfois engagée, elle hurle dans Bêtises : « Tout le monde dit des bêtises et ça ne me plaît pas. Je veux qu’ils ferment leur gueule, sinon je fais des dégâts. A la télévision comme dans le journal, ils déraisonnent». Ses paroles sont presque mielleuses sur d’autres titres : « C’est de la télépathie, sans me parler tu dis. Mais, je n’en fais pas de mystère, tu resteras ma lumière » (Mais).
Des pensées teintées d’eau de rose largement affaiblies par des compositions électro-pop, parfois très dance-floor. A croire que Monsieur essaie d’atténuer le côté fleur bleue de Madame. Jour de chance s’écoute ainsi de mille et une façon : tendre, ironique ou tout simplement ludique.