Vive la fête
"tous les jours devraient comporter une petite fête"
La Locomotive ce mardi 23 octobre 2007. Sur scène, un couple électrique et envoûtant. Guitares vrombissantes, électro énergique. Puissance mais aussi délicatesse rare : Vive la fête possède le fabuleux pouvoir de réunir les publics. En backstage, rencontre avec Els, la chanteuse du duo.
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Vive la fête
: « Je trouve que tous les jours devraient comporter une petite fête. Je ne parle pas d’alcool et de drogue ! Mais de soleil et d’amitié, des plaisirs du quotidien. »
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En concert, c’est une explosion. Plus rock, plus punk, le couple belge Vive la fête s’émancipe quand les spots s’allument. Musiciens en tenue gothique : cheveux longs, maquillage et vêtements noirs. Chanteuse très, très sexy : bas résilles, grande culotte et bustier pigeonnant. Vive la fête mêle le glamour et le trash, marrie les univers avec finesse. Il suffit de regarder les trombines qui garnissent la boîte de nuit parisienne pour le démontrer : des jeunes femmes qui chantent à tue-tête gigotent près de curieux individus en tenue gothique. Vive la fête possède le fabuleux pouvoir de réunir les publics autour de ses chansons à la fois agressives et acidulées.
Une arrivée sur une valse de Strauss. Et soudain, les guitares électriques vrombissent, rugissent à vous décrocher les tympans. (Et comme ça, juste en passant, pourquoi jouer si fort ? Pensez à nos pauvres oreilles endolories qui se sont réveillées en sifflant…). La chanteuse Els détonne avec sa chevelure blonde dans cet environnement sombre. Elle semble possédée, animée par une énergie presque surnaturelle. Les spots la mettent en transe. Elle danse autour de son homme et guitariste, Danny. Une sorte de pas de deux où madame joue l’extravagante.
Sa voix, fragile et délurée, détonne. Une puissance et une délicatesse rare. Les chansons de leur dernier disque Jour de chance s’enchaînent. Des titres qui ont peut-être un peu moins de succès que ceux issus de Grand Prix, l’album sorti il y a déjà deux ans. Mais une chose est sûre, la scène donne vie à Vive la fête. Le public est enthousiaste. Nous aussi. D’autant que Musiqualité a rencontré la très blonde Els quelques minutes avant son concert parisien. Tenue de ville –pantalon et blouson en cuir- et sourire ravageur, la chanteuse affiche une bonne humeur et un optimisme réconfortant. Avant même qu’une question soit avancée, la blonde sculpturale chante les louanges de la capitale.
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Vive la fête
: « Quand je suis sur scène, je veux m’amuser, je veux que les gens s’amusent. C’est très important avec tout le stress qui existe. On a une seule vie, il faut en profiter. »
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Els : Ca va être amusant ce soir. J’aime Paris, je suis addict de Paris !
Danny compose, toi tu écris les textes des chansons de Vive la fête. Tes paroles ressemblent à un hymne à l’amour, non ?
Danny et moi nous sommes un couple, cela m’intrigue. Les émotions que l’on vit sont intéressantes. Et puis l’amour, c’est ce qu’il y a de plus important, non ? Dans le couple bien sûr, mais aussi avec les amis. Je n’ai pas l’impression que je parle plus d’amour dans notre nouveau disque Jour de chance… enfin, peut-être que si. C’est sans doute parce que je suis un peu plus vieille ?!!!
Cela fait 10 ans que je suis en couple avec Danny, cela fait 10 que Vive la fête existe… Travailler en couple, c’est super, c’est une dimension en plus… mais ce n’est pas facile tout le temps !
Comment avez-vous créé Vive la fête ?
Quand j’ai rencontré Danny, ça a été un feu d’artifice. J’ai habité avec lui au bout d’une semaine. Nous avons écrit une première chanson ensemble qui s’appelait Je ne veux pas, ça a été un petit succès à la radio. Moi, je voulais chanter pour Danny…
Pourquoi ce nom, Vive la fête ?
Je suis une fan de Jacques Tati et surtout de son film Jour de fête. Je trouve que tous les jours devraient comporter une petite fête. Je ne parle pas d’alcool et de drogue ! Mais de soleil et d’amitié, des plaisirs du quotidien. C’est un nom optimiste… alors qu’en réalité, je suis très pessimiste.
Vraiment ?
Oui, beaucoup de gens ne sont pas sérieux. J’ai un regard assez critique sur la société. C’est très important d’être honnête et respectueux…
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Vive la fête
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« Je trouve que le Flamand n’est pas une langue qui swingue. Le Français est plus poétique, plus érotique aussi. Je suis aussi très influencée par la chanson française des années 60 : Gainsbourg, Dutronc, Christophe, etc »
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Dans votre dernier disque, tu parles de la télévision. Tu la critiques vivement. Pour quelle raison ?
Les médias ne nous comprennent pas, ils considèrent souvent Vive la fête comme une blague…. Après, je n’ai pas de message particulier, j’essaie juste d’être réaliste.
Tu montes sur scène dans quelques minutes. Tu adores ça ?
La musique, c’est ma vie ! Quand je suis sur scène, j’oublie la guerre, toutes les guerres. Je veux m’amuser, je veux que les gens s’amusent. C’est très important avec tout le stress qui existe. On a une seule vie, il faut en profiter. C’est important de profiter des petits détails qui rendent la vie plus jolie. Moi, j’ai de la chance, je n’ai pas de stress : j’aime ce que je fais. Je chante, je danse…
Danny compose la musique. Toi, tu écris. Comment travaillez-vous ensemble ?
Danny compose la musique, moi j’écris ensuite. J’ai une petite pièce à la maison où je travaille. C’est mon paradis. On ne travaille pas ensemble, chacun fait ce qu’il a à faire. Moi, j’aime ce que fait Danny, Danny aime aussi mon travail… Après, il nous arrive de discuter. Surtout que Danny ne comprend pas le français, il veut savoir ce que je dis. Parfois, il trouve cela trop fleur bleue !
Dans quelles conditions écris-tu ? As-tu as besoin de t’isoler ?
Oui et non. J’écris tout le temps en fait. Je pense même à des paroles quand je fais la vaisselle ! J’ai aussi un cahier à côté de mon lit, j’écris quand nous sommes dans le bus... je n’arrête pas !
D’ailleurs pourquoi écris-tu en français ?
Je trouve que le Flamand n’est pas une langue qui swingue. Le Français est plus poétique, plus érotique aussi. Je pense bien sûr aussi au romantisme à la française… Je suis aussi très influencée par la chanson française des années 60 : Gainsbourg, Dutronc, Christophe, etc.
D’ailleurs, je suis en train de travailler avec Christophe sur une chanson pour son prochain disque…
Là, vous êtes en tournée, tu aimes changer de ville presque tous les jours ?
J’adore vivre comme une gitane ! Et puis quand je suis sur scène, c’est comme un paradis, c’est mon monde. Je suis vraiment addict, c’est un besoin. Je suis un peu comme une actrice, je m’habille différemment. Et quand je rentre à la maison, c’est très différent. Nous vivons dans une ferme très isolée avec des animaux : des cochons, des chiens, cinq chats… ! Je vis dans deux mondes bien distincts !
Merci à Mathilde Gardin 
Propos recueillis par Alwa Deluze
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