Dans la longue liste des poncifs usés jusqu'à la corde par les médias concernant l'actualité culturelle, il ne vous aura sans doute pas échappé que le deuxième album d'un artiste est presque systématiquement présenté comme celui "de la maturité", "de l'âge adulte" ou "de verité", et que sais-je encore. Mais derrière la méfiance qu'inspirent aux consommateurs avertis ce genre de formule éculées, certains paramètres s'imposent comme des évidences. Soit un artiste, Wax Tailor, français comme son pseudo ne l'indique pas. En 2005, il livre Tales of the forgotten melodies à un public sous le charme, en appuyant l'effort d'une tournée de plus de 60 dates. Il en profite pour se retrouver aux côtés de pontes de sa discipline, qui flirtent avec le hip,trip,dub, parmi lesquels The Herbaliser ou le Peuple de l'herbe. De quoi aiguiser d'avantage le cheminement de son esprit et sa créativité au moment de se rasseoir pour concocter le deuxième tome de ses recettes maison. On ne sait trop quel facteur a joué plus qu'un autre, mais le résultat est superbe. Encore une fois, il est délicat de décrire au mieux les sensations qu'apporte ce disque, sans pouvoir le faire écouter. Vous parler par exemple de la chaleur de voix de la grande Sharon Jones, qui accompagne The way we lived. Ou bien de Voice, dont le timbre rap rauque sensualise The games you play, convoquant au passage le style de sa consoeur Bahamadia, pendant qu'une flûte joue paisiblement à ses côtés. Des extraits de vieux films ou séries US fourmillent au fil des pistes, comme autant de timbres sonores chic et choc, tendance radio Nova. Le morceau clairement hip-hop Positively inclined est bien parti pour devenir un tube, à la radio et aux soirées dansantes ou branchées, grâce à son violoncelle râpeux et de nouvelles flûtes. Retour de l'ambiance rap avec House of wax et ses cuivres festifs, deux morceaux plus tard, avec le brilant Sometimes entre les deux. N'oublions pas le trip hop, avec par exemple un titre comme We be et ses 5 minutes de divagations langoureuses. Et le disque se clôt sur une nouvelle et savoureuse référence au cinéma, Alien in my belly, qui ravira tous les fans de Ripley et ses copines les bebêtes.