CD/Disque
Yaron Herman Trio "A Time for Everything"
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    Le nouvel opus de Yaron Herman, pianiste débordant de talent et d’inspiration, est paru sur le récent label LaBorie jazz.
Ce volume très attendu est probablement encore meilleur que le premier, plus explosif, plus lumineux. Ce qui caractérise ses deux albums est un dynamitage, un remixage des standards.
Vibrations, son premier album en solo, offre plusieurs variations de thèmes classiques tels que Summertime ou le requiem de Fauré. Ces ré-interprétations ont révélé la technique et l’univers de Yaron Herman: repenser Gershwin en y ajoutant des touches de Keith Jarrett, marier rythme et lyrisme, explorer les recoins de formules classiques paraissant éculées.
A time for everything part dans le même sens : comment tirer parti de la formule piano-contrebasse-batterie ? L’exercice est de taille et le trio se hisse au niveau des meilleurs : Esbjorn Svenson, Brad Mehldau, … On peut être supris du lining de l’album où les reprises (qu’on ne peut pas réellement appeler reprises mais plutot réinterprétations) de morceaux pop et indé cotoient les compositions personnelles et intimistes. La plus surprenante est la plus jubilatoire : Toxic de Britney Spears. Ce morceau est passé au tamis dont est sorti la substantifique moelle …. Fabuleux ! Le pianiste est aidé dans cet exercice par le batteur Gerald Cleaver qui s’est illustré aux côtés de l’exigeant Matthew Ship et au sein des formations aériennes de Miroslav Vitous. Le contrebassiste Matt Brewer complète la formation.
Outre les reprises il faut surtout s’intéresser aux compositions originales du pianiste. Certains morceaux présentent des facettes totalement antagonistes mais c’est un sentiment d’homogéneïté qui ressort de l’écoute de ce disque. Yaron Herman est un virtuose doté d’une sensibilité à fleur de peau et d’une tonicité qui n’a d’égal que sa créativité.
Originaire de Tel Aviv et français d’adoption, Yaron Herman laisse libre cours a sa sensibilité et à son éclairage si particulier de la musique. Il s’ajoute à cette nouvelle scène française qui nous fait voyager entre passé, présent et futur et nous livre des compositions décomplexées qui ne rentrent dans aucune classification mais s’intégrent parfaitement dans l’histoire du jazz dans la lignée de Bud Powell et Bill Evans.
Mention spéciale à l’interprétation du Hallelujah de Jeff Buckley qui conclut l’album de la plus belle manière.
Mathieu Ramspacher
LaBorie jazz - Octobre 2007
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