CD/Disque
Yeah Yeah Yeahs "Show Your Bones"
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    Avec leur deuxième album , les New-Yorkais arty de Yeah Yeah Yeahs continuent de faire gémir et remettent au goût du jour la coupe de Mireille Mathieu.
Ils sont revenus cette année, traversant l’Atlantique avec des guitares et des cymbales et sans doute des malles pleines de vêtements vachement branchés, tout ça pour jouer à l’Elysée Montmartre, et je les ai manqués. Sauf qu’il circule pas mal de vidéos sur le net et j’ai pris l’habitude de reluquer Karen O marteler la scène avec des Converse pleines de couleurs, tendre son cul de jeune pouliche magnifique, exhiber des bouts entiers de peau luisante comme la chair des pastèques qu’on mange sur le bord des routes italiennes. Elle arbore, pêle-mêle, une coupe à la Mireille Mathieu de banlieue et des seins hauts plutôt balistiques. La sex symbol même pas vulgaire que j’aimerais un jour présenter à ma mère. Derrière elle, on peut voir Nick Zinner, et son allure d’insecte pathétique foutrement intelligent. Qui tend des lignes de guitares tranchantes au-dessus desquelles Karen O hisse une voix surjouée de poseuse irrésistible, entrecoupée de miaulements vachement crédibles. Sans oublier Brian Chase, le batteur, avec sa tronche de taulier, qui joue sans bavure, le genre carré.
Bon, on se souvient du premier album, Fever to tell, punkoïde et protéiforme. Le plus gros buzz de l’année 2003 ou quelque chose dans ce goût là. A l’époque, ça m’avait semblé si cradingue que j’avais mis du tems à mettre un pied dedans. C’était furieux et violent. Et une fois qu’on y était, on y était bien. Mais l’effort coûtait. Les chansons douces étaient les pires de toutes. Juste le truc que j’écoutais en boucle. Pas étonnant que MAPS ou Y Control les aient fait connaître.
Plus gros buzz de l’année 2003. Idem en 2006. Cette fois, ça s’écoute tout seul. C’est plus léché, mieux produit, largement connoté 80’s (Dudley en ballade sucrée et cosmétique) avec un sévère arrière goût d’insécurité. Les chansons taillées pour la radio, comme Gold Lion ou Way Out, possèdent encore la touche arty du premier album. On retrouve les riffs de guitare impeccables, économes et pyromanes. On découvre aussi des nappes de synthé élégamment tartinées tout du long. Et puis des guitares acoustiques, comme sur la touchante The Sweets, ou encore sur «Turn Into» et Warrior. Enfin, l’excellente Cheated Heart laisse entendre Karen O chanter Sometimes I think I’m bigger than the Sound. Juste après, Nick Zinner déchaîne tout un bordel de guitares. Puis le calme. C’est ensuite que ça recommence.
Ecouter ici
Etienne Lorettu
Yeah Yeah Yeahs, "Show Your Bones", Geffen/Fiction/Polydor, mai 2006.
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